La pluie, l’élément clé de Canopée

900 à 1000 litres d’eau de pluie au mètre carré, voilà les précipitations annuelles sur notre colline. Ces chiffres n’ont pas trop changé ces dernières années, par contre ce qui est observable ce sont les périodes de sécheresse prolongées, accompagnées de chaleurs anormales. Le niveau des nappes phréatiques baisse, entre autres parce que les terres agricoles ont vu disparaître les arbres et les haies qui permettaient aux eaux de pluies de s’infiltrer dans le sous-sol. Ce manque d’arbres s’ajoute à l’absence de neige qui avait également la capacité de laisser s’infiltrer l’eau, une des raisons pour lesquelles nous n’envisageons pas le forage d’un puits.

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la pluie, un élément clé pour la coopérative Canopée

C’est pourquoi Canopée, coopérative en agroforesterie associe les arbres & haies aux cultures et à l’élevage, évitant ainsi l’érosion des terres arables et favorisant l’infiltration de l’eau vers les profondeurs. En même temps, le maraîchage pratiqué sur nos terres s’appelle maraîchage sur sol vivant. Un des objectifs de cette forme de maraîchage est d’augmenter le taux de matières organiques dans le sol ce qui permet une meilleure rétention d’eau en surface (directement profitable aux cultures).

Carte de l’IRM qui montre la réalité vécue sur le terrain.

Carte de l’IRM qui montre la réalité vécue sur le terrain.

En outre, les cartes de gauche ci-dessous indiquent les quantités de précipitations; l’une en juillet 2020 et l’autre en février 2020. En juillet il y a une absence quasi totale de pluie alors qu’en février la pluie est surabondante… La comparaison entre les moyennes des années 1981 à 2010 et l’année 2020 (les cartes de droite) parle par d’elle-même. Une rapide observation des échelles montre des divergences extrêmes face à la normale: on parle de 10 à 90% pour le mois de juillet et de 140 à 280% de la pluviométrie normale pour le mois de février. Les hivers deviennent de plus en plus pluvieux (érosions) et les étés plus secs et chauds (sécheresses). C’est pourquoi l’idée de Canopée est de mettre en place des réservoirs d’eau tampon, permettant l’accumulation d’eau pendant l’hiver afin de l’utiliser durant l’été.

Comparaison des précipitations: en juillet 2020 elles atteignent seulement entre 20 et 30% des quantités normales pour un mois de juillet.

Comparaison des précipitations: en juillet 2020 elles atteignent seulement entre 20 et 30% des quantités normales pour un mois de juillet.

Quantités de précipitations: en février 2020 elles atteignent entre 200 et 220 millimètres de pluie, ce qui représente jusqu’à 220 litres par m², presque un quart des pluies annuelles sur un seul mois

Quantités de précipitations : en février 2020, elles atteignent entre 200 et 220 millimètres de pluie, ce qui représente jusqu’à 220 litres par m², presque un quart des pluies annuelles sur un seul mois !

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litres d’eau à récupérer et à stocker

Consciente de ces chiffres, notre coopérative a comme priorité l’autonomie en eau. Nous avons la contrainte de ne pas pouvoir nous servir de l’eau de ville, si facile à gaspiller, car ces terres se situent plus haut que le château d’eau. Ce qui nous oblige à gérer astucieusement cette ressource si précieuse ! Grâce à la pluie qui tombe sur la toiture du bâtiment (200m²) et les serres/tunnels (800m²), ainsi qu’à l’aménagement d’un étang de rétention d’eau (500m³), nous pourrons assurer l’arrosage des cultures. D’octobre à mars, il pleut en moyenne 620 litres d’eau au m². Si on multiplie ce chiffre aux 1000 m² de toitures permettant la récupération, on obtient 620 m³ d’eau soit 620 000 litres !

En 2020, c’était la deuxième fois que nous entendions parler de pommes qui cuisent sur l’arbre… Les fortes chaleurs sont l’explication commune, et pourtant une simple observation au verger nous indique le véritable problème. Les arbres ont une telle soif qu’ils n’arrivent plus à refroidir correctement leurs fruits. Un fruit tombé par terre en plein soleil devient chaud alors que le même fruit sur l’arbre reste frais s’il est convenablement refroidi par la circulation de la sève. Cela explique les taches de brûlure sur certains fruits.

 » En 2020, c’était la deuxième fois que nous entendions parler de pommes qui cuisent sur l’arbre… »

Notre réponse à ce stress hydrique n’est pas un arrosage massif mais un paillage fait soit avec de la paille comme sur la photo ci-dessus, soit avec du BRF, le Bois Raméal Fragmenté (des copeaux de jeunes bois). Ce matériau noble restructure et nourrit le sol. Il favorise la reconquête de la vie : faune, flore et champignons… Il augmente le taux d’humus, ce dernier fonctionne ensuite comme une éponge ! Ce BRF sera obtenu par la taille des haies et des arbres fruitiers sur place. La chute du feuillage des arbres contribue également à ce cycle vertueux qui permet l’aggradation du sol. Ces pratiques de cultures nourrissent les terres productives au fil des années.

Il va sans dire que tout projet agricole durable ne pourra se faire sans une gestion réfléchie des ressources que sont l’eau et la vie du sol. Nous avons besoin de votre soutien ! Devenez coopérateur et coopératrice et aidez-nous à acquérir le terrain et le matériel indispensable pour réaliser ce projet si nécessaire.